top of page

GALLVS XXI

VOICI,

Une approche de ma démarche artistique en trois points accompagnés de questions classiques :

​

Les mots s’écrivent, les peindre m’apparait déjà être une difficulté que je vais tenter d’éclaircir.

Entièrement autodidacte, le temps passant, j’évolue vers des prétentions d’exposition plus importantes. Ne vivant pas de mon activité artistique, passion que j’exerce avec pragmatisme, ma principale démarche est la recherche d’une visibilité. Je recherche des lieux d’exposition pour rencontrer, échanger, me soumettre à la critique du public. C’est une manière d’avancer. La vente est un acte accessoire avec laquelle je n’éprouve pas d’ambition obsessionnelle. Les très occasionnelles ventes me permettent de rendre le coût de ma passion presqu’invisible.

Je concrétise, en moyenne, deux à trois expositions par an. Le retour du public est positif. C’est une joie particulière, une fierté même, lorsque des jeunes déclarent apprécier mes toiles. Leur regard spontané, libre de codes, me touche profondément et me conforte dans l’idée que l’Art est bien un langage international et inter générationnel.

 

« GALLVS » est un pseudonyme. C’est utile quand on ne veut pas afficher son identité. C’est aussi une façon de se détacher du « soi », de prendre une distance avec son ego, sa conscience, son intimité et de mettre l’ensemble en scène dans une entité miroir. Il ne s’agit pas d’un dédoublement de personnalité mais de hauteur, de distance intellectuelle.

 

  1. CE DONT IL S’AGIT

​

• Qu’essaye-je de dire avec mon travail ?

 

Moins d’affirmer j’essaye de poser l’image comme un invitation silencieuse et ouverte. Je me dis que ce travail, qui n’en est pas un tant il me procure épanouissement et bonheur, est davantage un travail philosophique et introspectif. C’est un formidable vecteur de rencontres et d'engager la conversation avec les visiteurs. Aussi la peinture est pour moi une réflexion sur le ressenti stimulée par un autre regard. 

​

• Quel sujet mes œuvres traitent-t-elles ?

 

               Les thèmes choisis se veulent sans polémique ou des plus anodins. Il s’agit généralement de scènes de vie urbaine ou rurale. La conjoncture quotidienne, suffisamment anxiogène, m’amène à ériger une muraille de sérénité. Je veux construire un moment entre le visiteur et lui-même, le faire voyager, l’amener dans un monde de sensibilité et de paix intérieur. Mais c’est aussi un défi. A l’instar d’une nature morte, comment faire qu’une image d’un quotidien quelconque, devienne un témoignage intéressant ? C’est un sujet de préoccupation pour moi : le choix de la scène, d’un instant de vie où j’ai la chance de me trouver. J’apprécie beaucoup l’Espagne pour son architecture, la saturation de sa lumière. M'y rendant souvent en été, j'y puise mes inspirations.

Ma pratique picturale s’ancre dans une exploration du réel subtilement transformé. Je travaille essentiellement à l’huile, en m’appuyant sur un processus photographique préalable. Il s’agit d'instants du quotidien dérobés de manière opportuniste et présentant une certaine poésie mais cela reste une chasse réflexe. Le temps et l’espace m’interpellent comme une connexion visuelle. Je perçois « un truc » là, maintenant. Je n’ai souvent qu’une ou deux secondes pour utiliser mon portable que j’utilise comme un pêcheur sa canne. Et quand la chance me sourit, je sais que j’ai saisi quelque chose.

La peinture devient alors un second regard, une réécriture visuelle du monde. Je ne cherche pas à reproduire fidèlement la photographie même si je tiens à en conserver l’essentiel mais j’épure ce qui me semble parasiter le sujet et j'extrapole le graphisme. Le passage du numérique au pictural me permet de figer le temps, de réintroduire la matière, le geste, et de questionner notre rapport à l’image dans une société saturée de vidéos aussi instantanées qu’éphémères. C’est surtout le confort d’exploiter la photo à l’état brute. Et comme un sculpteur, extraire d’un bloc de marbre, une représentation personnelle. Je voue un intérêt au temps dans un monde pressé.

Mes compositions s’inscrivent dans la figuration ; l’abstrait est pour moi un outil graphique non une fin. D’autant que « mes déchirures » comme je les appelle, font naitre ou invitent parfois d’autres formes figuratives. Ce va-et-vient entre réalité apparente et fausse fiction dissimulée, entre captation et recréation, me permet de jouer la subjectivité du regard et la manière dont nous construisons nos propres récits visuels. Avec ambition, j’espère toujours réveiller l’enfant du visiteur, qu’il manifeste en arrondissant soudainement ses yeux ou qu’il montre de son index accompagné d’un « Là, regarde ! »

 

  1. POURQUOI JE LE FAIS ?

 

Ce qui m’anime, c’est de figer ce qui va disparaitre inéluctablement : un rayon de lumière, une posture, une ambiance. En peignant à partir d’images modifiées, je tente de figer ce qui, dans la vie, ne cesse de passer — comme une manière de résister à l’oubli, non par nostalgie mais dans l’esprit du travail nos illustres aînés, peindre la mémoire des Hommes. C’est un travail d’histoire autant qu’un message, un témoignage pour les générations futures.

 

• Qui est-ce qui a influencé mon travail ?

 

Mon langage pictural est nourri d’influences multiples dont la source est bien évidement ma jeunesse : la liberté gestuelle et lumineuse des impressionnistes, la narration graphique des bandes dessinées… Plus les aléas difficiles que chacun rencontre dans sa vie. Ces éléments ont façonné ma signature graphique, à la fois sensible et structurée, où la couleur dialogue avec le trait, et où chaque composition raconte un moment silencieusement.

Les impressionnistes continuent de m’apprendre à capter l’instant, à jouer avec la lumière et à laisser le regard respirer. La bande dessinée, elle, m’a transmis le goût du cadrage, du rythme visuel, et de la tension narrative. Enfin, les coups du destin ont inscrit dans ma peinture une forme de sincérité brute, une volonté de dire sans détour, mais avec poésie. L’apprentissage est incessant. Chaque peinture est une remise en question mêlée d’excitation et de stresse, c’est un nouveau rendez-vous, un nouveau challenge. C’est une bonne école de l’humilité.

               L’autre moteur est la conjoncture sociale contemporaine aveuglée de conflits, de bêtises et de violence. L’Art conduit à la réflexion, il oxygène l’esprit, inspire la jeunesse, parle à des gens qui ne demandent rien. Parfois il s’érige de tout son silence. C’est un important vecteur d’apaisement car il n’impose rien mais se propose librement. Ex militaire, j’aspire à créer ces zones pacifiées.

 

• A quel public mes toiles s’adressent-elles ?

 

Mon travail s’adresse à tous, sans distinction aucune. Je peins pour « demain », quel que soit l’âge, le parcours ou la sensibilité. L’universalité est un principe central : je veux que chacun puisse y trouver une émotion, une résonance, une histoire à lui.

               Je ne suis pas fan des réseaux sociaux. Je ne passe pas mon temps sur différentes plates-formes. J’ai bien conscience que se sont les incontournables vecteurs de communication mais je les trouve chronophages, superfétatoires et abêtissants pour la majorité d’entres eux. La rencontre humaine est fondamentale, authentique, d’où ma recherche de lieux physiques pour monter des lieux de rencontres entre Art et Public.

 

  1. COMMENT JE LE FAIS

 

Je peins finalement comme je construis mes poèmes : Davantage avec la tête et le cœur qui sont mes vraies mains. Cependant, les fondamentaux de construction sont encrés dans une discipline que j’observe. Les principes de la perspective, de l’échelle, des verticalités comme des horizontalités sont pour moi des règles de base. Peut-être est-ce un atavisme paternel lorsque je travaillais sur les chantiers avec lui.

 

• Quelles sont vos méthodes de travail (support, style, décisions formelles, organisation...) ?

 

J’utilise généralement des toiles de forme carré en 3D. Carré car le format me rassure, il représente pour moi l’égalité des directions. Ensuite 3D car je peins aussi les bords. Cela donne une profondeur au tableau comme une invitation à poursuivre, c’est aussi une liberté : le cadre devient optionnel. On entre lentement dans le tableau lorsque l’on s’en approche, on le quitte doucement quand on s’en éloigne.

 Si certains cadres embellissent une toile, c’est pour moi un encerclement, un étouffement, un habit lourd autant qu’inutile. Mes toiles sont nues car la Nature, la vérité, la colère, l’Amour… Dans leur manifestation le sont. Je n’utilise quasiment que des huiles. La lenteur de leur séchage, la puissance de leur vivacité, la noblesse de leur teinte, leur longévité…Me correspondent.

Je passe aussi beaucoup de temps à regarder ma progression, à critiquer mes travaux autant qu’à peindre car je cherche l’erreur, la ligne incorrectement alignée dans l’origine de la perspective, l’ombre et la lumière mal accordées, la proportion d’un personnage dans l’espace, les échelles imaginées et celles que l’on peut supposer, la cohérence de l’ensemble, … C’est en cela que j’aime la photographie et que je m’en sers de socle. La photo ne ment pas, c’est une bonne base de départ pour un voyage intérieur.

bottom of page